Newsletter

, votre souscription a été traitée.

EQZE a présenté un séminaire international et une exposition

Ce séminaire réunira d'importants spécialistes, artistes et érudits dont le travail porte sur le cinéma orphelin et les secrets des archives

16/10/2017

Histoires (et esthétiques) du cinéma anonyme et orpheline réunira du 26 au 28 octobre des cinéastes et des spécialistes de cette catégorie de films.

Une exposition audiovisuelle intitulée Le cinéma sans noms se tenant dans les installations mêmes de l'école accompagnera le séminaire.

L'école de cinéma Elías Querejeta Zine Eskola a organisé pour les 26, 27 et 28 octobre un séminaire international sur le cinéma amateur, les films « sans noms » et le concept d'auteur intitulé Histoires (et esthétiques) du cinéma anonyme et orpheline. Ce séminaire, ouvert au grand public en général, réunira trois jours durant d'importants spécialistes, conservateurs, artistes visuels, cinéastes et érudits en la matière dont le travail porte sur le cinéma orphelin et les secrets des archives. Regroupant trois projections avec la collaboration de la Filmothèque basque et de la section Cinéma et Audiovisuel du projet culturel de Tabakalera, les séances du programme sont prévues comme étant des séances mixtes en lien avec des conférences illustrées et ponctuées par de courts extraits de films. En parallèle, l'exposition audiovisuelle intitulée Le cinéma sans noms se déroulera autour d'une vaste présentation cinématographique portant sur ce même leit motiv au sein même de l'école.

Le cinéma sans auteur ou sans paternité claire, baptisé cinéma orphelin, n'est pas une rareté, mais bien le dénominateur commun d'une grande partie de la production cinématographique du XXe siècle. Le cinéma anonyme est celui qui n'est pas signé : le cinéma familial, le cinéma orphelin, le cinéma industriel, le cinéma amateur, le cinéma incomplet ou censuré, le cinéma oublié dans une archive en raison de décisions politiques ou de contextes sociaux précis, les films de cinéastes ne se considérant pas eux-mêmes comme des auteurs ou bien que l'institution du film décida de ne pas considérer comme tels… Le cinéma anonyme est également celui qui ayant des crédits, voire une marque d'auteur, capture des instants de vie de personnes anonymes, autrement dit : il s'agit d'un cinéma dont les protagonistes ne sont pas des stars, mais des visages fugaces.

Le concept d'auteur est inhérent au mode à travers lequel l'histoire du cinéma a été interprétée, dans un premier temps avec ce que l'on dénomma le star system, puis plus tard la politique des auteurs. D'où le fait que la simple mention d'un « cinéma sans noms » vienne contredire l'une des catégories essentielles de l'histoire et de la critique cinématographique. Depuis les années quatre-vingt-dix du XXe siècle, la revalorisation et l'étude du cinéma amateur, le cinéma orphelin et le cinéma anonyme ont ouvert de nouvelles pistes d'explorations concernant des pans méconnus de l'histoire au point que l'anonymat a habilité une nouvelle catégorie de films, difficile à nommer, à identifier, à classer et à définir ; qui plus est, soulève des questions permanentes tout en remettant en question bon nombre de lieux communs.

Histoires (et esthétiques) du cinéma anonyme et orpheline vise précisément à rendre compte de ces nouveaux regards portés sur le cinéma et à mettre à jour les études actuellement faites en la matière par des spécialistes du monde entier. Dans le cadre d'une approche didactique et la participation de professionnels issus d'institutions internationales parmi les plus importantes œuvrant à la recherche et la divulgation de ce type de productions cinématographiques (se reporter au programme), le séminaire parcourra un pan de l'histoire du cinéma « sans noms » et abordera des questions liées au cinéma scientifique et médical de ces débuts de siècle, au cinéma historique des périodes de guerre et au cinéma militant et politique, outre le fait de montrer des films de cinéma familial et des créations artistiques créés à partir de tout ce matériel anonyme singulier.

Exposition Le cinéma sans noms

En même temps que le séminaire, l'école de cinéma Elías Querejeta ouvrira les portes de son espace conçu pour l'occasion sous forme de galerie afin d'accueillir une exposition anthologique du cinéma anonyme, orphelin et amateur tout au long de l'histoire du cinéma. Le but de ce projet est d'identifier la face cachée du cinéma composée de films familiaux, amateur, sans auteur précis, relégués dans un coin, incomplets, restés muets ou créés sans avoir fait l'idée d'un visionnage en projection publique, au même titre qu'il mise à mettre la lumière sur les motifs matériels, commerciaux, culturels et historiques qui font qu'un film soit confiné dans l'oubli et sans auteur apparent. 

L'exposition Le cinéma sans noms regroupe toutes les acceptions dudit cinéma orphelin : de petits extraits de films très intéressants pour l'histoire du cinéma (comme le matériel d'Édison ou de l'American Vitagraph), des œuvres amateurs réalisées à des fins artistiques (telles que celles réalisées dans le cadre de l'Amateur Cinema League dans les années trente), le cinéma familial réalisé au cœur de l'Union soviétique, les pratiques oubliées des premières femmes inscrites à l'Institut de Recherches et des Expériences Cinématographiques de Madrid dans les années cinquante, les interventions d'artistes à partir du found footage (comme l'œuvre de Rebeca Baron, Goug Goodwin, Jen Proctor), ainsi que le flux sans fin sur YouTube.

Les sections conformant cette exposition sont organisées par des commissaires spécialistes en la matière comme Guy Edmonds, Sonia García López, Clara Sánchez-Dehesa (coordinateur du Département des Études d’Archive de l'EQZE), Mirco Santi, Dan Streible, Mark Toscano, Maria Vinogradova, la plupart d'entre eux participant eux-mêmes au séminaire, et réunira plus de 30 films ou extraits de films orphelins, sur une période allant de 1894 jusqu'à nos jours. L'espace central de cette exposition sera également occupé par une sélection de la longue tradition du cinéma amateur basque.

L'exposition offre au visiteur l'occasion de parcourir le centre d'enseignement de l'EQZE, tout en l'accompagnant par des images en mouvement. Au sein de l'école, la répartition de l'espace a été pensée pour la formation et l'apprentissage pratique, mais aussi comme un espace flexible et polyvalent pouvant se transformer, comme dans le cas échéant, en une galerie ou en un espace d'exposition, où toutes et tous les élèves du département du commissariat pourront intervenir et présenter leurs projets.

L'exposition sera ouverte au public du 26 octobre de 16h et fermera ses portes le 1 novembre. Les horaires de visite sont de 10h à 14h et de 16h à 20h.

Cliquez pour voir plus de photos (Iñigo Royo)